Sommaire
- Ce que prévoit habituellement le bail sur l’assurance
- Les responsabilités habituelles du locateur
- Les responsabilités habituelles du locataire
- Locataire ou locateur, qui assure quoi en pratique
- Les erreurs fréquentes en matière d’assurance locative commerciale
- Que faire si le bail est vague sur l’assurance
- Clarifier l’assurance des locaux commerciaux loués avant de signer
- Foire aux questions
Signer un bail commercial règle rarement, à lui seul, la question de l’assurance. Beaucoup d’entrepreneurs découvrent seulement après un sinistre qu’une partie des dommages n’était couverte ni par leur propre police, ni par celle du propriétaire de l’immeuble.
L’assurance des locaux commerciaux loués repose sur un partage des responsabilités entre le locataire et le locateur, généralement précisé dans le bail. Voici comment ce partage fonctionne concrètement et pourquoi il mérite d’être clarifié avant la signature.
Ce que prévoit habituellement le bail sur l’assurance
Contrairement au bail résidentiel, le bail commercial offre une grande liberté contractuelle au Québec. Les parties peuvent négocier presque tous les aspects de leur relation, y compris qui doit assurer quoi. C’est pourquoi l’assurance des locaux commerciaux loués varie parfois beaucoup d’un contrat à l’autre.
En pratique, la majorité des baux commerciaux exigent que le locataire détienne une assurance responsabilité civile et fournisse une preuve d’assurance au locateur avant la remise des clés. Souvent, le bail précise aussi qui du locataire ou du locateur assume la couverture du bâtiment, des équipements fixes et des aménagements.
Cette liberté contractuelle a un revers : un bail rédigé rapidement ou copié d’un modèle générique laisse parfois des zones grises importantes. Deux commerces voisins, dans le même immeuble, peuvent ainsi se retrouver avec des obligations d’assurance très différentes selon la façon dont leur bail respectif a été négocié à l’origine.
Les responsabilités habituelles du locateur
Assurer la structure du bâtiment
Le locateur assure généralement l’immeuble lui-même : la structure, la toiture, les systèmes électriques et de plomberie communs. Cette protection couvre les dommages matériels au bâtiment causés par un incendie, une tempête ou un autre événement couvert.
Sa propre responsabilité civile de propriétaire
Celui qui loue doit aussi se protéger contre les réclamations liées à sa qualité de propriétaire, par exemple si un visiteur se blesse dans une aire commune mal entretenue. Cette couverture est distincte de celle du locataire, qui répond plutôt des activités menées à l’intérieur de son propre local.
Les responsabilités habituelles du locataire
Le contenu et les équipements de l’entreprise
L’inventaire, le mobilier, les équipements spécialisés et les améliorations locatives apportées par le locataire relèvent généralement de sa propre police. Le locateur n’a habituellement aucune obligation d’assurer les biens appartenant à l’entreprise qui occupe le local.

La responsabilité civile liée aux activités commerciales
Le locataire doit aussi couvrir les réclamations liées à ses propres activités, par exemple un client blessé dans son commerce ou un dommage causé à des tiers pendant les heures d’ouverture. C’est généralement cette protection que le locateur exige de voir apparaître dans un certificat d’assurance avant la signature du bail.
Locataire ou locateur, qui assure quoi en pratique
Le tableau suivant résume la répartition la plus courante des responsabilités, bien que chaque bail commercial puisse la moduler différemment.
| Élément à assurer | Responsabilité habituelle |
| Structure du bâtiment | Locateur |
| Systèmes communs (chauffage central, ascenseurs) | Locateur |
| Responsabilité civile du propriétaire | Locateur |
| Inventaire et équipements du commerce | Locataire |
| Améliorations locatives apportées par le locataire | Locataire, sauf entente contraire dans le bail |
| Responsabilité civile liée aux activités du commerce | Locataire |
| Perte de revenus en cas d’interruption d’activités | Locataire, par une protection distincte |
Les erreurs fréquentes en matière d’assurance locative commerciale
Certaines situations reviennent régulièrement et créent de mauvaises surprises au moment d’un sinistre.
- Présumer que l’assurance du locateur couvre automatiquement le contenu du commerce
- Ne pas ajuster la couverture après des rénovations ou des améliorations locatives importantes
- Oublier de fournir un certificat d’assurance à jour au locateur, tel que prévu au bail
- Négliger la protection contre la perte de revenus en cas de fermeture temporaire
- Ne jamais relire les clauses d’assurance du bail avant de renouveler l’entente
Une relecture attentive du bail, idéalement avec un courtier, permet d’éviter la plupart de ces situations avant qu’elles ne deviennent un problème. Cette vérification est particulièrement utile lors d’un renouvellement, alors que les activités du commerce ou la valeur de son inventaire ont souvent évolué depuis la signature initiale du bail.
Le bail signé ne reflète-t-il plus l’usage réel du local depuis son entrée en vigueur ? Un courtier indépendant peut valider la couverture actuelle et repérer les zones grises entre les protections du locataire et celles du locateur.
Que faire si le bail est vague sur l’assurance
Un bail qui reste flou sur la répartition des responsabilités d’assurance ne dispense pas les parties de s’assurer adéquatement. Dans ce cas, il est recommandé de clarifier la question par écrit avec le locateur avant de signer, ou d’ajouter un avenant précisant clairement qui assure quoi.
Les capsules d’Éducaloi sur les obligations du locataire et sur les obligations du propriétaire offrent un bon point de départ pour comprendre le partage général des responsabilités prévu par le droit québécois, en complément des clauses spécifiques du bail signé.

La page sur l’assurance immobilière commerciale présente d’ailleurs les protections disponibles pour les propriétaires d’immeubles locatifs, tandis que celle sur l’assurance pour PME et travailleurs autonomes détaille les couvertures pertinentes pour les entreprises locataires.
Clarifier l’assurance des locaux commerciaux loués avant de signer
La répartition des responsabilités entre locataire et locateur n’est jamais automatique : elle dépend des clauses négociées dans le bail commercial. Le locateur assure généralement le bâtiment, alors que le locataire protège son contenu, ses équipements et sa propre responsabilité civile.
Avant de signer ou de renouveler un bail, une révision de la couverture avec un courtier indépendant permet de confirmer qu’aucune zone grise ne subsiste entre les deux polices.
Foire aux questions
Qui doit souscrire l’assurance des locaux commerciaux loués ?
L’assurance des locaux commerciaux loués se partage habituellement entre le locateur, qui protège la structure du bâtiment, et le locataire, qui assure son contenu et sa responsabilité civile. La répartition exacte dépend toutefois des clauses négociées dans le bail commercial, qui peut moduler ces responsabilités différemment d’une entente à l’autre selon les besoins et le rapport de force entre les deux parties concernées.
Le locataire doit-il assurer les améliorations locatives ?
Dans la plupart des cas, oui, surtout si les améliorations ont été financées et installées par le locataire lui-même pour ses besoins commerciaux. Le bail précise généralement à qui appartient cette responsabilité, notamment lorsque des rénovations importantes ont été apportées au local. Il est recommandé de vérifier cette clause avant d’investir dans des aménagements coûteux pour un commerce loué à long terme.
Que se passe-t-il si ni le bail ni les parties n’ont clarifié l’assurance ?
L’absence de clause claire n’élimine pas le besoin de protection, elle crée simplement un flou qui peut coûter cher en cas de sinistre non couvert. Dans ce cas, il est préférable de négocier un avenant écrit avec le locateur pour préciser qui assure quoi, plutôt que de présumer qu’une protection existe déjà du côté de l’autre partie sans l’avoir confirmé par écrit.
Le locataire peut-il être tenu responsable de dommages au bâtiment ?
Oui, si le locataire ou ses activités sont à l’origine d’un dommage au bâtiment, comme un incendie causé par un équipement défectueux mal entretenu. C’est pourquoi une responsabilité civile adéquate est essentielle, même lorsque le locateur assure la structure elle-même. Certains baux incluent aussi une clause de renonciation à la subrogation entre les parties, ce qui limite les recours possibles entre elles après un sinistre.





